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Editorial du dimanche 4 décembre 2011
Préparez le chemin du Seigneur
La première lecture nous fait lire l'un des plus beaux passages du Livre d'Isaïe ; « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ». Cette phrase, est déjà une Bonne Nouvelle extraordinaire, presque inespérée, pour qui sait l'entendre ! Car les expressions "mon peuple"... "votre Dieu" sont le rappel de l'Alliance.
Car c'était la grande question des exilés. Pendant l'Exil à Babylone on pouvait se demander : est-ce que Dieu n'aurait pas abandonné son peuple, est-ce qu'il n'aurait pas renoncé à son Alliance...? Dieu affirme encore "Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu", ce qui était la devise ou plutôt l'idéal de l'Alliance.
« Le crime de Jérusalem est pardonné et elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes. » Un voleur devait restituer le double des biens qu'il avait volés. Parler au passé de cette double punition, c'était donc une manière imagée de dire que la libération approchait puisque la peine était déjà purgée. Ce que le prophète appelle le "crime" de Jérusalem, ce sont tous les manquements à l'Alliance, les cultes idolâtres, aux prescriptions de la loi, et surtout tous les manquements à la justice et, plus grave encore que tout le reste, le mépris des pauvres.
« Une voix proclame : Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur ». Déjà une fois dans l'histoire d'Israël, Dieu a préparé dans le désert le chemin qui menait son peuple de l'esclavage à la liberté.
Alors Isaïe, chargé de leur annoncer la fin prochaine de leur esclavage à Babylone et le retour au pays leur dit : cette fois, c'est dans le désert qui sépare Babylone de Jérusalem que vous tracerez un chemin ... Et ce ne sera pas pour une idole païenne, ce sera pour vous et votre Dieu en tête !
Ce texte, dans son ensemble, résonnait donc comme une extraordinaire nouvelle aux oreilles des contemporains d'Isaïe, au 6ème siècle av.J.C. Et voilà que 5 ou 600 ans plus tard, quand Jean-Baptiste a vu Jésus de Nazareth s'approcher du Jourdain et demander le baptême, il a entendu résonner en lui ces paroles d'Isaïe et il a été rempli d'une évidence aveuglante : le voilà celui qui rassemble définitivement le troupeau du Père... Le voilà celui qui va transformer les chemins tortueux des hommes en chemins de lumière... Le voilà celui qui vient redonner au peuple de Dieu sa dignité... Le voilà celui en qui se révèle la gloire (c'est-à-dire la présence) du Seigneur. Fini le temps des prophètes, désormais Dieu lui-même est parmi nous !
Père Luc Biquez
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