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Accueil Archives Editos hebdomadaires Ne garde pas de rancune envers le prochain (11/09/2011)

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Editorial du dimanche 11 septembre 2011

 

Ne garde pas de rancune envers le prochain 

 

« Ne garde pas de rancune envers le prochain ». Voilà l'appel que la liturgie de la Parole nous donne à entendre, dans la première lecture. Un bel idéal ! Que nous sommes invités à nous réapproprier en ce temps de rentrée. Un idéal à accueillir comme en préambule à l'année de l'Esprit où le sacrement mis en valeur sera celui du Pardon.

Cet idéal, nos ancêtres l'ont peu à peu découvert dans la Bible à mesure qu’on prenait conscience que Dieu est amour et que nous sommes à son image !

D'après Ben Sirac, c'est parce que Dieu connaît notre faiblesse qu'il a pitié. De la même manière, c'est en considération de cette faiblesse, la nôtre et celle des autres, que Ben Sirac nous invite à avoir pitié. "Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements". Et que disaient les commandements ? Ils disaient "Aime ton prochain comme toi-même" (Lv 19,17). Aimer son prochain comme soi-même, cela implique évidemment, en certaines circonstances, de savoir pardonner.

"Pense aux commandements et ne garde pas de rancune (dit Ben Sirac)... Pense à l'Alliance du Très-Haut et oublie l'erreur de ton prochain".

Vous me direz "Pas facile d'oublier !" Et il est vrai que certaines choses ne peuvent pas s’oublier. Mais tout dépend du sens qu'on donne au mot "oublier" ; certainement "oublier" ne peut pas vouloir dire "effacer". Et justement, si vous avez la curiosité de consulter la Traduction Oecuménique de la Bible, vous y trouverez une autre traduction, bien meilleure, plus humaine : "Souviens-toi de l'Alliance du Très-Haut et passe par-dessus l'offense".

Il me semble que c'est une très belle définition du pardon ; elle dit bien la réalité : on ne peut pas effacer une offense...les coups d'éponge, cela n'existe pas... mais on peut passer par-dessus...

Le mot "Par-don", étymologiquement, veut bien dire cela ; il s'écrit en deux parties "par-don" : c'est-à-dire le don parfait, parachevé, le don par-delà l'offense.

Il reste le début du texte qui est quand même surprenant : « L'homme qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur... Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait, alors, à ta prière, tes péchés seront remis » Il ne s'agit donc certainement pas de présenter Dieu comme un comptable : la logique de Dieu n'est pas la nôtre !

On pourrait comparer la miséricorde de Dieu à un torrent que rien n'empêche de couler : si je place une bouteille dans le torrent... elle se remplira forcément... oui, à condition d'être ouverte ! Si je refuse de pardonner aux autres, je refuse d'entrer dans la logique de gratuité, de miséricorde de Dieu... c'est comme si je mettais dans le torrent une bouteille fermée... Oui, le pardon de Dieu est toujours offert, mais on ne peut entrer dans ce pardon de Dieu que si notre cœur est dans la logique de la miséricorde.

  Père Luc BIQUEZ

 

Messe d’installation du père Marc Ruet ce dimanche en présence de Monseigneur Emmanuel Payen à 10h30 à Fontaines sur Saône.

Unissons nos prières.