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Edito du 20 novembre 2016

La seconde lecture de ce dimanche est magnifique et terriblement difficile ; nous pressentons bien qu'elle va loin dans la contemplation du mystère de notre foi : elle résonne comme un credo, une synthèse du mystère du Christ.
D'abord une remarque, tout ce qui est dit du projet de Dieu est dit au passé. Manière de dire que ce projet de Dieu est conçu de toute éternité.
En revanche, tout ce qui concerne le Christ est dit au présent : Ce mystère du Christ se déploie en chacun de nous tout au long de notre histoire humaine.
« Il est l'image du Dieu invisible » : c'est la clé de la pensée de Paul : à la première création, Dieu a fait l'homme à son image et à sa ressemblance ; la vocation de tout homme, c'est d'être l'image de Dieu. Or le Christ est l'exemplaire parfait, si l'on ose dire, il est véritablement l'homme à l'image de Dieu : en contemplant le Christ, nous contemplons l'homme, tel que Dieu l'a voulu.
Mais, en Jésus, nous contemplons Dieu lui-même : dans l'expression « image du Dieu invisible » appliquée à Jésus-Christ, il ne faudrait pas minimiser le mot « image » : il faut l'entendre au sens fort ; en Jésus-Christ, Dieu se donne à voir ; ou pour le dire autrement, Jésus est la visibilité du Père : « Qui m'a vu a vu le Père » dira-t-il lui-même à Philippe. En contemplant le Christ, nous contemplons l'homme... en contemplant le Christ, nous contemplons Dieu.
Reste à savoir pourquoi le sang de la croix du Christ, comme dit Saint Paul, nous réconcilie avec Dieu. C'est la haine des hommes qui tue le Christ, mais, cette haine est transformée en un instrument de réconciliation, de pacification.
A l'échelle humaine, nous avons des exemples de cet ordre : des femmes et des hommes ont prêché la paix, l'égalité entre les hommes, et cela leur a coûté la vie; mais, paradoxalement, leur mort a inauguré un progrès de la paix et de la réconciliation. Un témoignage d'amour et de pardon, qui va parfois jusqu'au sacrifice de sa vie, est un ferment de paix. Parce qu'il nous montre le chemin, il attendrit notre cœur, si nous voulons bien.
Jésus est l'homme - Dieu : il est à la fois le Dieu qui pardonne et l'humanité qui est pardonnée ; ce qui nous réconcilie, c'est que le pardon accordé par le Christ à ses bourreaux, est le pardon même de Dieu. C'est Dieu qui pardonne... par pure miséricorde de sa part.
Désormais, nous savons, parce que nous l'avons vu de nos yeux, jusqu'où va l'amour et le pardon de Dieu. C'est pour cela que nous avons des crucifix dans nos maisons.
Comme dit Saint Paul, il a plu à Dieu de nous pardonner à travers Jésus-Christ : « Il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui et sur la terre et dans les cieux en faisant la paix par le sang de sa croix ».
Ajoutons que seul Jésus, parce qu'il est Dieu, peut nous transmettre l'Esprit de Dieu pour que nous devenions capables de pardonner à notre tour.
Ce n'est pas magique pour autant, on ne le sait que trop : cette Nouvelle Alliance inaugurée en Jésus-Christ est offerte mais nous demeurons libres de ne pas y adhérer ; pour nous, baptisés, elle devrait être un sujet sans cesse renouvelé d'émerveillement et d'action de grâce. L'Eglise, par vocation, c'est le lieu où l'on rend grâce à Dieu.

 

Père Luc Biquez