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Editorial du 10 juin 2018

 

L'homme extérieur va vers sa ruine,
l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour 

En écrivant ces lignes, Saint-Paul s'adresse aux Grecs de Corinthe qui sont héritiers de la pensée des stoïciens, eux-mêmes héritiers de Platon, qui avait utilisé lui-même pour la première fois cette expression « homme intérieur », 500 ans avant St Paul. Il pressentait, en effet, que l'homme n'était pas un « animal normal » mais qu'il était fait d'un corps mortel et d'une âme immortelle.

Cet homme extérieur, le corps, est comparé par Platon à une « bête multiforme » capable de devenir lion, rapace ou loup tandis que l'homme intérieur est là pour dompter ces animaux sauvages pour qu'ils puissent vivre en bonne intelligence entre eux et avec l'homme lui-même. Platon nous présente la maîtrise de ces bêtes sauvages par la vertu comme étant plus « avantageuse » car si on les laisse aller à leurs instincts, elles se battraient entre elles pour se dévorer les unes les autres.

Je suis toujours étonné et plein d'admiration de ces philosophes grecs qui ne connaissaient rien de la révélation biblique et qui, sans le savoir, étaient assez proche de la foi chrétienne qui est la nôtre. Ces bêtes sauvages qui se dévorent les unes les autres est ce que, nous autres chrétiens, appelons le péché. Il n'est donc pas un hasard que la première lecture nous parle de cette bête sauvage qu'est le serpent, mais Jésus nous met en garde contre le péché de l'esprit, plus grave encore que les bêtes sauvages de Platon !

L'homme extérieur, c'est aussi le « paraître » par opposition à l'homme intérieur qui est « l'être ». Paraître nous empêche de nous « dé-voiler » tel que nous sommes et de vivre, tout simplement ! Alors Saint-Paul nous pose cette question : qu'y a-t-il de plus essentiel : être ou paraître ? Le paraître va passer alors que ce que nous sommes vraiment, l'être, est éternel.

L'homme intérieur est aussi le lieu de la rencontre avec Dieu qui nous aime ! Comme le dit la chanson « je te cherche, mon Dieu » de sœur Agathe : « il est en moi, il vit en moi, je peux lui parler et il me dira combien il m'aime, et je pourrai lui dire combien je l'aime ». Cultiver l'homme intérieur n'est pas qu'une question « d'avantage » comme le pensait Platon mais un chemin d'amour et de bonheur, tout simplement ! Voilà la bonne nouvelle que la Pentecôte nous pousse à aller annoncer.

Pascal Lefbvre Albaret, diacre