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Chers frères et sœurs dans le Christ de la paroisse Saint Christophe les deux rives

Paix et joie de la part de notre Seigneur Jésus !

Tout d’abord je tenais à vous remercier de l’accueil chaleureux que j’ai reçu de beaucoup d’entre vous. Il représente celui que m’offriraitPolivierchacun ainsi que la vitalité de la fraternité paroissiale. J’espère pouvoir vous saluer plus personnellement dans mes prochaines rotations sur les différents clochers. Où peut-être à la messe hebdomadaire de 9h du mercredi matin que je célèbre à Fleurieu ou encore à celle du vendredi matin sur Neuville que j’assurerai quelques fois ? Je remercie bien sûr tout particulièrement le Père Biquez d’avoir accepté de m’accueillir sur sa paroisse. J’ai également une pensée pour le Père Laurent à qui un effort important a été demandé.

Depuis presqu’un mois je suis donc logé à la cure de Neuville sur Saône, attendant de pouvoir m’installer prochainement à celle de Fleurieu. Cela ne saurait trop tarder car vous avez été assez nombreux à répondre à mon annonce paroissiale du WE dernier. Merci encore à chacun. Un merci également tout particulier aux paroissiens de Fleurieu dont plusieurs vont m’aider à m’installer.

Je suis donc heureux de pouvoir me présenter plus personnellement alors qu’on m’en a fait la demande. Je le ferai en deux temps. D’un côté en relevant quelques points saillants de ma conversion, d’un autre, en vous expliquant quelque peu mon parcours de formation vers le sacerdoce et ce que je vis depuis mon ordination.

Il me semble devoir relever trois facteurs importants qui ont contribué à ma rencontre avec le Seigneur et à m’engager sur un chemin de consécration totale. D’une part celui de ma famille, d’autre part un désir d’absolu et de vérité qui a toujours existé dans mon cœur, et enfin celui de ma rencontre avec l’Esprit-saint. Issu d’une famille de six enfants, j’ai grandi dans un climat de grande tendresse, dont la première fut celle de mon père. Mon père est une personne qui m’a toujours marqué par sa fidélité, son courage, la manière attentive de manifester son amour dans les détails de la vie quotidienne. Selon moi, ma rencontre avec le Seigneur s’origine en lui, bien que celle-ci n’était pas encore très consciente. Le Seigneur, dans sa grande bonté et délicatesse, a témoigné de mon lien particulier avec mon père, puisque j’ai eu cette immense grâce de pouvoir le baptiser la nuit de Pâques 2011, dans ma première année de sacerdoce. Vietnamien, de parents bouddhistes, c’est la conversion de plusieurs de ses enfants qui l’a aidé à accueillir le Christ dans sa vie pour lui permettre de dire son oui définitif à Le suivre. La tendresse de parents à l’égard de leurs enfants est à mes yeux le signe de Celui qui est infiniment tendre, miséricordieux et bon. Si Paul s’adresse aux Colossiens en les invitant à une «tendresse compatissante», c’est parce qu’elle reflète la Tendresse divine. Cette tendresse divine, je l’ai également approchée à travers la joie de vivre de mes cinq sœurs et leur amour de sang à mon égard. (Elles ont toutes un prénom de fleur : Anne-Rose, Anne-Lys, Églantine, Capucine, Marie-Lilas)[1] . La conversion profonde de trois d’entre elles et leur fort engagement dans l’Eglise m’a aidé à mieux percevoir l’amour de Dieu[2]. Expérience de tendresse familiale, expérience aussi de souffrance familiale. C’est entre ces deux pôles que j’ai grandi, contribuant à façonner dans mon cœur le sentiment d’être infiniment aimé, et en même temps le sentiment d’avoir vraiment besoin d’un Sauveur et Seigneur. Deuxième facteur : celui d’une grande soif de vérité, d’absolu, que Dieu a mis dans mon cœur depuis mon plus jeune âge. Je rêvais d’être astronaute, je rêvais de visiter tous les pays du monde, mais surtout je cherchais à comprendre de tout mon cœur ce monde dans lequel je vivais. J’étais donc un passionné de science, ce qui m’a amené à faire des études scientifiques, une école d’ingénieur dans les travaux publics, jusqu’à enseigner la physique. Cette soif d’absolu, de vérité m’a conduit à m’intéresser à beaucoup de choses et à être particulièrement ouvert à la dimension spirituelle de l’être humain. A l’âge de 16 ans, désirant connaitre davantage Dieu, je suis parti seul, en pèlerinage dans un pays lointain, traversant l’Europe, le sac sur le dos. A Medugorje, je rencontrais le Seigneur d’une manière personnelle et vitale, au cours d’un temps d’adoration «eucharistique» où je me suis senti infiniment aimé de Dieu. En rentrant de ce temps spirituel, je me décidai de tout cœur à suivre le Christ et ses enseignements. Ma foi devenait pleinement adulte. Dans mon cœur assoiffé de vérité, cela passait par l’exigence d’une lecture plus assidue de la parole de Dieu, que j’avais un peu découvert au catéchisme étant petit. Je commençais à lire avec amour et intérêt la parole divine tout en m’intéressant aux documents du magistère de l’Eglise. L’encyclique Evangelium Vitae de Jean Paul II me marqua profondément puisqu’elle me montrait combien ma foi était cohérente avec toutes les aspirations de mon cœur, et combien elle éclairait les grandes décisions éthiques. Je percevais aussi combien foi et raison se complétaient admirablement, ce qui renforça ma foi. Suite à ce pèlerinage, je poussais également plusieurs de mes sœurs à la prière, ce qui nous a amené progressivement à prier tous les soirs en famille. A partir de cette année 1995, mon désir de Dieu n’a cessé d’augmenter d’année en année. Troisième point : ma rencontre avec l’Esprit Saint. Avec du recul, je pense qu’étant plus jeune, Il m’a souvent touché sans que je m’en aperçoive explicitement, à travers diverses expériences où la joie a été très forte, dans le cadre de rencontres personnelles : joie de donner une pièce d’un franc à des clochards de Paris, joie amoureuse de pousser des personnes en fauteuil roulant…, joie de me donner aux autres, … Contact avec l’Esprit Saint à l’âge de 16 ans à travers l’expérience que j’ai eu de l’amour personnel de Dieu à mon égard au cours de ce pèlerinage fondateur dont j’ai déjà parlé. Quatre ans plus tard, alors que je revenais d’une retraite de cinq jours en silence au foyer de charité de la Flatière, tout seul dans ma chambre, je vivais une effusion du Saint Esprit qui me saisit au plus profond de mon être. Le lendemain, mes camarades de promo me disaient que je n’étais plus tout à fait le même. L’Esprit Saint est donc devenu pour moi, petit à petit, une personne vivante, concrète, m’accompagnant dans ma vie de prière, mes choix de jeunes adultes, de vie professionnelle et finalement vocationnel. Sans lui, je n’aurais pas eu la force de démissionner de mon post de chef d’entreprise de la start-up que j’avais crée. A l’âge de 23 ans, grâce à Lui, je décidai ainsi de prendre une année pour Dieu, poussé par un désir irrésistible de vouloir prier davantage mais aussi de pouvoir réfléchir sur le sens de ma vie. Pendant ces longs mois de silence, dans un monastère, je compris que le Seigneur m’appelait à Lui donner ma vie entière.

Pour ce qui est de ma formation vers le sacerdoce et ce que je vis depuis mon ordination, voici les éléments principaux. En 2002, après mon année pour Dieu, je retravaillais une année pour être plus sûr de mon appel et être plus libre de mon choix, tout en partageant une vie communautaire avec des jeunes qui cherchaient leur vocation. En 2003, je faisais l’expérience à temps plein d’une année en paroisse pour découvrir la vitalité de la vie pastorale et parfaire ainsi ma décision. Je suis donc rentré au séminaire de la Castille en 2004 (diocèse de Toulon ) pour suivre l’équivalent d’un Baccalauréat canonique, soit cinq années de formation à temps plein, qui insistent les deux premières années sur la philosophie, les trois dernières sur la théologie. Les quatre piliers de la formation au séminaire se constituent autours de quatre pôles : vie spirituelle, vie intellectuelle, vie fraternelle, vie pastorale. En 2006, j’ai effectué un stage d’inter-cycle d’un an, au Liban, auprès de personnes atteintes de handicap. J’y découvrais également l’Église d’Orient, tout spécialement l’église maronite, et la richesse spirituelle de ce pays. Ordonné diacre en 2009, je poursuivais mes études de théologie tout en m’investissant davantage dans la vie paroissiale. Ordonné prêtre en 2010, on me confia un an plus tard la responsabilité des paroisses de Sollies Pont et de Sollies Toucas, que j’ai assumée pendant trois ans, comme pasteur. Avec d’autres prêtres, avec lesquels je vivais en Fraternité, nous avons cherché à y développer particulièrement le modèle de l’Eglise, comme « communauté de disciples-missionnaires», notamment grâce à la combinaison de trois facteurs : Alpha – les cellules d’évangélisation – et la mise en place de parcours catéchétiques à valeur formatrice importante[3]. Le modèle qui a été appliqué s’est inspiré assez fortement de l’expérience de l’Eglise évangélique de Saddleback de Rick Warren, tout en l’intégrant à la théologie catholique. Deux pôles me caractérisent au dire de mes frères prêtres : un attrait fort pour la vie intellectuelle, un attrait fort pour la dimension pastorale. Après quatre ans, je peux dire que je me sens plus apôtre qu’enseignant, et que les deux pôles s’intègrent selon moi, dans l’axe apostolique que je porte plus particulièrement.

Mon évêque (Monseigneur Rey) me donne, depuis cette rentrée scolaire, une année de disponibilité pour des études à temps plein avant de me permettre de rejoindre normalement, l’année prochaine une nouvelle paroisse du diocèse de Toulon, avec une possibilité de mi-temps pour des études ( ce qui me permettra de revenir régulièrement sur Lyon). Je suis donc inscrit en master à l’Institut catholique de Lyon intitulé : «Annonce, dialogue, et cultures contemporaines ». La formation sur deux ans à temps plein consiste en des cours magistraux, des séminaires de recherche (Église et Israël, Science et Foi, baptême et Salut, …) et deux mémoires à rendre. En gros, mon sujet de fond est l’étude des conditions de la nouvelle évangélisation. Avec peut être deux questions sous jacentes : comment penser le renouveau des paroisses ? Comment penser aujourd’hui de nouvelles formes de paroisses dans le contexte de la post modernité ? Pour m’aider dans mes recherches, je suivrai quelques formations supplémentaires sur ce sujet dans une faculté protestante qui a travaillé la notion «d’implantation d’églises» dans le contexte actuel. Je travaillerai également avec un groupe de prêtres et de laïcs qui se réunira régulièrement autour d’un projet de recherche intitulé GRAPPE (Groupe de Recherche Action pour une Pastorale Paroissiale Évangélisatrice). Le groupe se réunira pour la première fois lundi 20 octobre prochain, à l’Institut catholique de Lyon, sous la responsabilité du P Mario, que j’aurai la joie de pouvoir accueillir quelques fois.

Vous le voyez donc : mon année s’annonce bien chargée mais cela ne m’empêchera pas de me laisser inviter et peut-être de faire plus amplement connaissance avec certains d'entre vous. Je vous assure de ma prière journalière dans l’oraison et l’adoration demandant au Seigneur pour chacun les dons de la prière, d'une lecture amoureuse de la parole de Dieu, du service fraternel, et de l’évangélisation.

Sur ce dernier point, je ne perds pas l’essentiel de ma vie de prêtre : annoncer l’amour du Christ. En effet, je profite de mes trajets en bus, assez longs, pour faire de belles rencontres. Le Seigneur m’a permis déjà de parler de Lui à de multiples personnes du bus numéro 40 ! Je les porte dans ma prière.

Fraternellement dans le Christ,

P Olivier


[1] Les familles qu’elles ont fondées me donnent quatorze neveux et nièces.

[2] Autour des années 1998-2000, l’une a fait une année d’école d’évangélisation appelée Jeunesse lumière, animée par le P Daniel Ange. On y apprend la vie de prière, la bible, la vie fraternelle, et à témoigner de sa foi. Une autre a servi l’Eglise auprès des plus pauvres dans un bidonville pendant deux ans à travers l’œuvre Point Cœur. Actuellement, une autre est fortement engagée dans la défense de la vie (master à l’institut Jean Paul II de Rome).

[3] Nous avons construit plusieurs parcours dans une démarche qui vise une progression spirituelle : parcours de formation à la vie de prière, à la vie sacramentelle, à la vie de service, à la vie missionnaire, … Par ailleurs, pour information, je me suis beaucoup intéressé à la catéchèse en tant que telle, avec un désir d’aider à une meilleure articulation entre le concept de création et celui du salut. Cf http://www.stabilitedesespeces.org