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 Le vent souffle où il veut ...

 troisième épisode

 Vous pouvez retrouver ici : le premier épisode , le deuxième épisode.

 

colombeLa tempête a repris. Le vent hurle, la mer se gonfle, le bateau s’agite et craque… Emeline n’a pas peur, elle ne cherche pas à crier. Aujourd’hui,  elle se sent confiante… comme si sa prière s’était prolongée dans son rêve, elle attend et espère. Dans cet étrange état du rêve, où l’improbable se présente comme logique, Emeline  assiste à la tempête sans craindre le naufrage. Elle regarde son bateau et soudain, une colombe  surgie de nulle part se met à voleter au-dessus du mât central. Puis elle tourne, tourne autour du bateau et voilà qu’une voile se trouve hissée, intacte, qui ne semble pas du tout  maltraitée par la tempête. Paradoxalement, il semble même qu’elle donne de la stabilité au navire. La colombe vole maintenant  auprès d’Emeline et la jeune fille entend : Sur toi  reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui t’inspirera la crainte du Seigneur.

Elle s’éveille et sent son cœur bondir de joie. Etonnante joie qui  gonfle ainsi en elle et lui ouvre les portes de tous les possibles ! Elle se lève,  va vers la fenêtre, respire le souffle et la paix de cette nuit d’été, ouvre ses poumons  et déjà son âme à la certitude d’un amour si grand qu’il la crée, la porte, la façonne, la rend belle d’une beauté qu’elle ne se connaissait pas !

Elle reste ainsi longtemps, contemplant la nuit qui cède la place au jour, présente à l’espace de  silence qui s’est ouvert en elle et qu’elle devine être une forme de prière. Quand un rayon de soleil vient rebondir sur le mur, elle réalise que le l’heure avance, que grand-mère est déjà levée depuis longtemps, et qu’il faut descendre.

-  Bonjour Grand-mère.

-  Bonjour Emeline, tu as bien dormi ?

-  J’ai continué mon rêve… j’aimerais bien que tu m’expliques un peu. J’ai entendu, dans la tempête, une colombe qui me disait un morceau du texte que tu m’as lu hier : sur toi reposera l’esprit du Seigneur, esprit de … je ne sais plus trop quoi… et puis il y a eu une voile à mon bateau. Puis je me suis réveillée, et j’étais pleine de bonheur. Tu crois que ça veut dire quelque chose ?

- Oh que oui ! Le Seigneur ne cesse de nous faire des cadeaux ! à toi aussi … il te donne la vie, il te donne le monde dans lequel tu habites… par ton baptême il a fait de toi sa fille .... comme une princesse, la fille du roi de l’univers ! Et pour vivre avec lui, parce qu’il sait que les humains sont fragiles et pécheurs, il leur donne des cadeaux qu’on appelle les dons de l’Esprit. Il y en a 7. La première fois qu’on parle d’eux, c’est dans le texte que je t’ai lu hier. Isaïe, c’est quand même vieux ! Environ 700 ans avant Jésus. Mais on a creusé ce texte, et après la Pentecôte (tu sais, quand les apôtres ont reçu l’Esprit Saint), on a compris qu’il répandait ces dons sur les hommes.  Mais il faut lire ce texte à l’envers. La sagesse, qui est nommée au début, c’est en fait le terme de ces dons… il commence généralement par donner les autres, et d’abord la crainte. C’est comme un itinéraire de sainteté.  La crainte nous fait monter à la piété, la piété nous conduit à la science, la science puise son énergie dans la force, la force nous mène au conseil, le conseil nous fait progresser jusqu’à l’intelligence, l’intelligence nous fait arriver à la pondération de la sagesse *.

- Je ne comprends pas tout… la crainte, c’est la peur ?

- Pas du tout ! C’est aussi ce qu’on appelle la crainte révérencielle, ou filiale. Cela veut dire que, grâce à l’Esprit Saint, on se rend compte de la grandeur, de la majesté de Dieu, de l’immensité de son caractère divin. Et alors, on veut le respecter, l’honorer… on réalise que Dieu est Dieu, infiniment grand et que nous sommes des créatures. Il est celui qu’on appelle le Tout-Autre. Réaliser cela nous conduit à l’humilité. Renoncer à être tout puissant, entrer dans l’humilité de l’Evangile… si la crainte est une peur, c’est au sens que l’on « craint » d’offenser de Dieu, de ne plus lui laisser sa place de Dieu. Mais c’est très libérant !

- D’accord… tu crois que ma voile, c’était le don de crainte ?

-…..

- Sûrement, parce que la joie la joie que ça m’a donné, c’était justement de se sentir en face de Dieu et de … oh, zut ! Je ne sais pas expliquer ça !

- Tu veux déjeuner ? On a un sacré programme  aujourd’hui …

- Non, pas tout de suite. Enfin, si je veux bien, mais j’ai encore que question. J’ai une copine qui va dans un groupe de prière et qui m’a parlé des charismes en me disant que c’étaient des dons de l’Esprit Saint. C’est la même chose ?colombe_et_feu

- Pas forcément. Ce que l’on appelle les dons de l’Esprit Saint, on pourrait dire, en résumant, que ce sont des dons que l’Esprit Saint fait à tous les chrétiens (notamment à la confirmation), pour eux-mêmes. Chacun les reçoit pour avoir les moyens de vivre toujours plus avec Dieu, dans la sainteté, quoi. Les charismes, c’est aussi un peu ça aussi, mais tout le monde ne reçoit pas les mêmes. Ce sont des dons que l’Esprit fait à quelques-uns en vue  d’aider tous les autres.** Par exemple, si quelqu’un a un charisme de guérison, ou de prophétie, c’est pour les autres, tu vois… tout ça c’est des choses qu’on a redécouvertes depuis quelques dizaines d’années, mais qu’on continue à redécouvrir. On ne peut pas classifier l’Esprit Saint, ni ses dons. Comme disait Jésus : « Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va » ***

- Bon, je crois que j’ai eu ma dose de caté pour ce matin ! Je prendrai bien du café maintenant … c’est quoi le programme du jardin ?

-Et bien figure-toi que pour aujourd’hui, comme c’est dimanche,  j’ai prévu une surprise …..

 

 

*saint Grégoire le Grand (Homélies sur Ézéchiel, II, 7,7).

**« À chacun la manifestation de l’Esprit est donnée en vue du bien commun », (1 Co 12, 7).

*** Jean 3,8