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conte avent 2016 4

 

La trace de Dieu bougie_avent bougie_avent bougie_avent bougie_avent

épisode 4

 

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- Vite, le quatrième code ! dit Willy, impatient. Mais ce rébus est compliqué.  Un lit, un  pantalon, du riz.... C’est quoi ça ?
- Il ne s’agit pas d’un pantalon, dit Anatole, mais de braies, ce pantalon ample en usage chez les Gaulois.
- D’accord ! La li-brai-rie, c’est tout au bout de la rue, près de l’église.
Les deux hommes, d’un pas assuré, gagnent la librairie en silence et poussent la porte d’entrée. Rose, la libraire, est occupée avec des jeunes au rayon des bandes dessinées. Elle ne remarque pas Willy et Anatole immobilisés à la porte, surpris par le fond musical diffusé dans tout le magasin.
- Tu entends cette musique, dit Willy. C’est d’une beauté pure !
- Oui, dit Anatole, je n’ai jamais rien entendu de pareil ! Ma loupe est inutile, il est évident que nous avons là une magnifique trace de Dieu ! Taisons-nous et écoutons…
Les deux hommes, subjugués, emportés dans un ailleurs divin, ne voient même pas que Rose reste plantée devant eux, après leur avoir déjà demandé deux fois ce qu’ils désirent. A la troisième fois, le fond musical s’évanouit et Anatole, encore dans les nuages, réussit à articuler :
- Nous cherchons des traces de Dieu…
- Des traces de Dieu ? dit Rose en souriant. Vous tombez bien : ici, il y en a partout. Ces livres que vous voyez dans les rayonnages, sur les comptoirs, contiennent tous une trace de Dieu parce que tous ces écrivains ont mis dans leurs œuvres leur vie, leur chair, leur sang, tout ce qu’ils avaient dans le cœur, tout le fin fond de leur être…
- Vous croyez que Dieu est là, dans tout ce papier ? dit Willy.
- Oui, dit Rose. Beaucoup de livres, d’ailleurs, sont des réflexions directes sur Dieu. Vous voyez ces jeunes qui cherchent leur monnaie, ils en ont choisi deux très différents, écrits à deux millénaires de distance… Ils ont fait un bon choix, ces deux livres sont dans la liste des plus vendus de la planète…
Willy s’approche de la caisse où sont posées les deux B.D. et lit :
- La Bible, Le Petit Prince. Je n’ai lu ni l’un ni l’autre de ces livres. Et toi, Anatole ?
- Je connais les deux, et je te conseille de lire les deux. Tiens, puisque c’est Noël, je t’offre un exemplaire de chaque.
Rose fait ses encaissements. Les jeunes sortent de la librairie en se chamaillant : ils sont cinq et il n’y a que deux livres à porter ! Anatole et Willy prennent congé de la souriante libraire et se précipitent dans la rue pour déchiffrer le dernier code.
- Ils sont de plus en plus difficiles, ces codes, dit Anatole. Oiseau-iz… Rapace-iz
- Non, aigle-iz, dit Willy. Mais le pape s’est trompé, on ne dit pas èglise, mais église. C’est un comble ! Le pape qui se trompe sur l’église !
- Il ne faut pas lui en vouloir, Willy, le pape est fatigué car il a bien du souci, dit Anatole. Donc, allons à l’église !
- Non ! dit Willy. Je n’y suis jamais allé et je n’y connais personne.
- Tu ne vas tout de même pas me laisser tomber alors que nous arrivons au but ! Et puis, c’est l’occasion de voir du nouveau.
- Du nouveau, dans l’église ?... Est-ce possible ?... Mais, c’est vrai que je ne peux pas te laisser tomber, tu es devenu un peu mon ami…
- Ce soir, il y a peut-être du nouveau, dit Anatole. Les deux hommes pénètrent dans le bâtiment. Il fait très sombre… mais Willy remarque tout de suite un endroit faiblement éclairé :
- Cette lumière est plus douce que celle de mon réverbère, dit-il à Anatole. Et, regarde, cet homme et cette femme … ils ont l’air si heureux !
- Ils vont bientôt avoir un enfant répond Anatole.
- Un enfant ! Ils en ont de la chance ! J’aurais tellement aimé avoir un enfant…
- Oui, moi aussi, dit Anatole pensif, des enfants avec la femme que j’aime… Mais tu vois, Willy, cet enfant qui va naître ne sera pas comme les autres enfants. Il sera tout l’Amour du monde !
- Tout l’Amour du monde ? C’est trop difficile à comprendre !
- Tu as toute la vie devant toi pour chercher et comprendre ! Sur ce, je te laisse, je crois que j’ai rempli ma mission, je vais voir le pape. Tu vois, Willy, des traces de Dieu, il y en a partout ! Elles peuvent être différentes pour chaque personne ! L’essentiel est de garder les yeux ouverts !
Anatole disparaît. Willy reste seul dans la pénombre de l’église.
- On va partager, dit-il à l’homme et à la femme, vous n’avez pas l’air plus riches que moi. Je vous donne les chocolats et les fleurs et je garde les deux livres.
Willy dépose les fleurs devant la femme et les chocolats devant l’homme.
- Excuse-moi, dit-il à l’homme, il y a un chocolat en moins, c’est à cause d’Anatole qui n’avait pas le moral… Maintenant, je vous laisse tranquille.
En se retournant, il voit les jeunes entrer dans l’église avec leurs B.D. sous le bras et il les interpelle :
- Dites, les gamins ! J’aimerais que vous veniez me chercher quand le petit sera arrivé !
Finalement, Willy se sent bien dans cette église chaleureuse qui attend tout l’Amour du monde. Il oublie son réverbère, serre ses deux B.D. sur son cœur, s’assoit dans un coin sur un prie-Dieu et commence à lire. Pourvu qu’on n’oublie pas de le prévenir quand l’Enfant sera né !